J'ai travaillé pendant plusieurs mois à Grenoble et j'ai pu à cette occasion gravir certains cols de la région, en particulier dans le Massif du Vercors. Cependant, après m'être suffisamment entrainé dans ce splendid massif, je me suis attaqué à des montées plus réputées et souvent plus coriaces. Le Col du Mont Noir étant certainement la montée la plus difficile du Vercors, on peut le prendre comme étalon (depuis Cognin-les-Gorges) pour essayer de comparer sa difficulté aux quatre montées que j'ai effectué dans les vallées de l'Oisans et de la Maurienne. Les connaisseurs seront sans doute d'accord pour "confondre" Col du Glandon et Col de la Croix de Fer, distants l'un de l'autre de 2,5 km. Donc la plupart du temps, lorsque l'on grimpe l'un des cols, on monte également l'autre sans le préciser explicitement. Il y a juste besoin de préciser le versant par lequel on monte. En l'occurence, pour ces deux cols rapprochés il y a trois versants possibles via deux vallées et je connais personnellement deux de ces versants, dont le plus coriace : le Col du Glandon via Saint-Etienne de Cuines.
Je vais décrire dans cette page les montées dans l'orde chronologique dans lequel je les ai effectué :
Si je prend maintenant comme référence le Col du Mont Noir via Cognin-les-Gorges (16 km à 7,2%) et que je lui donne la note ou difficulté 5/10, alors je placerais dans l'ordre du moins difficile au plus difficile, le Col du Télégraphe à 4/10, l'Alpe d'Huez à 5/10, le Col de la Croix de Fer (côté Oisans) à 7/10 et le Col du Glandon (côté Maurienne) à 9/10.
J'avais pris l'habitude lors de mes sorties vélo d'apporter mon caméscope et de filmer quelques séquences dans les descentes, histoire de garder un souvenir. Ces vidéos sont ou vont êtres disponibles dans la rubrique VIDEOS (onglet Isére).
On ne présente plus l'Alpe d'Huez et ses fameux 21 virages répertoriés et numérotés par ordre décroissant. L'Alpe d'Huez a été 31 fois étape d'arrivée depuis la création du Tour de France (chiffre de 2018), avec une première arrivée en 1952 où l'étape a été gagnée par Fausto Coppi avec un temps de montée de 45 minutes. Le record est lui détenu par Marco Pantani avec un temps d'ascension d'un peu moins de 37 minutes. Une des épreuves cyclosportives parmi les plus difficiles qui existent, la Marmotte, arrive également maintenant chaque année à l'Alpe d'Huez.
Le pied de la montée est situé à proximité de Bourg-d'Oisans où il est possible (en vélo ou en courant) d'effectuer des montées chronométrées, via des puces de chronométrage.
Compte tenu de la notoriété de l'ascension, des centaines de cyclistes s'élancent chaque jour en été à l'assaut de l'Alpe et monter à son rythme en toute tranquilité peut paraître difficile. Pour ma part je suis bien tombé, car, bien qu'ayant effectué l'ascension un samedi, j'ai finalement rencontré peu de cyclistes et peu de voitures à cette heure là et c'est tant mieux. Il est évidemment désagréable de se faire doubler souvent ou de doubler soi même d'autres cyclos, si l'on veut garder un rythme qui nous correspond le mieux. J'avais commencé la montée vers 9h00 - 9h30 et il y a peut-être moins de monde le matin.
Au niveau repérage, j'y étais d'abord allé en voiture une semaine avant, histoire de "jauger" ces sois-disant terribles 21 virages. Ma première impression en voiture a été que effectivement, ça avait l'air terrible. L'impression venait des différents virages serrés et lorsqu'on les prends en voiture, en montée et encore plus en descente, c'est assez impressionnant. Le revêtement est lui impeccable (notoriété oblige) et ça n'est vraiment pas toujours le cas pour d'autres grandes ascensions alentours. En gros, dès qu'une petite fissure ou qu'un nid de poule commence à se former sur cette route très empruntée, je pense que la DDE doit veiller au grain et intervenir très rapidement. Le résultat est que la route est un vrai billard et c'est donc un revêtement qui rend très bien et où les pneus n'accrochent pas de façon trop importante.
Après, cela peut poser un problème par temps de pluie et je n'imagine même pas une descente de l'Alpe d'Huez sur route humide.
VITESSE + ROUTE MOUILLÈE 
Venant de Grenoble en voiture avec mon vélo, j'avais repéré sur un portion de route rectiligne, environ 3-4 km avant " Rochetaillée ", des emplacements où il était possible de stationner et de préparer son vélo en toute tranquillité. C'est très pratique et cela permet surtout d'avoir quelques kilomètres d'échauffement dans les jambes avant d'entamer un montée raide comme l'Alpe d'Huez. De plus, il y a de part et d'autre de cette portion rectiligne, un couloir réservé aux cyclistes. Dans mon cas, ça me permettait de faire environ 10 kilomètres d'échauffement avant d'arriver au pied de l'Alpe.
La montée :
J'ai débuté cette montée pas du tout dans l'optique de faire un chrono, mais je voulais juste essayer d'arriver en haut. Toutes les montées que j'avais effectué les mois précédents dans le Vercors devaient me permettre en principe d'avoir le niveau suffisant pour arriver jusqu'en haut de l'Alpe. Mais comme ecrit avant, j'avais vraiment été impressionné par ces virages en voiture.
Une des particularités de cette montée, est que les virages sont plats ou quasiment plats. Ceci permet de récupérer un tout petit peu mais d'un autre côté, cela accentue l'aspect impressionnant de la montée, puisque du coup ça grimpe sec entre deux virages en épingles à cheveux.
Comme on peut le constater sur le profil de la montée, les parties les plus pentues se concentrent principalement dans les deux premiers kilomètres, ainsi qu'à quelques autres endroits plus haut, où la pente dépasse les 8,5%. Ceci fait que ça peut tirer sur les cuisses dès le départ si l'on est mal préparé ou échauffé, mais d'un autre côté, étant donné que l'on vient de débuter, on a toutes ses forces pour passer cette zone. D'ailleurs je dois dire qu'en entamant cette montée, j'étais tellement pris par "l'ambiance" Alpe d'Huez, avec des images du tour de France plein la tête, que j'en oubliais presque que j'étais en train de grimpé deux kilomètres à plus de 10%. En plus de cette ambiance spécifique et presque magique (du moins la première fois que l'on grimpe une telle montée mythique), je dirais que l'on est presque guidé de bout en bout : en plus des bornes kilométriques indiquant le pourcentage du prochain kilomètre et la distance restant à parcourir, chaque virage est numéroté par ordre décroissant. Cela donne des sortes de points de repères qui permettent selon moi de découper la montée en autant de zones, et cela rend la montée mentalement plus facile. Tout ceci fait que l'on arrive à trouver un rythme en adéquation avec son niveau. Une pente de 8% de moyenne ça n'est malgré tout pas rien et je ne vois pas quelqu'un sans beaucoup d'entraînement en montagne, réaliser cette montée facilement. D'ailleurs j'ai commencé à avoir mal aux cuisses vers le 10ème kilomètre de montée. C'est à peu près à cet endroit que deux routes se séparent : la route qui monte directement au centre du village (route touristique) et la route officielle du Tour qui fait un crochet, en s'éloignant d'abord du bourg, pour mieux revenir sur l'Alpe. Cette déviation représente environ 1,5 kilomètres de plus que la route directe, mais comme on sent bien que l'on approche du but, on tient le coup. En effet, une fois arrivé dans le centre, on sent très bien une différence de pente qui s'adoucit et ça reste comme cela jusqu'au bout. C'est à dire que les deux derniers kilométres (environ) sont un peu une formalité et la première fois que l'on passe par là, on est plus en train de chercher son chemin vers l'arrivée que de gérer son effort. En effet, le parcours officiel n'emprunte qu'une partie de la rue principale (D211) ! Il faut en fait suivre certaines indications menant au fameux dernier rond point, qui annonce vraiment la fin et à partir duquel on peut se permettre de finir avec un plus gros développement, même en aillant mal aux cuisses. C'est d'ailleurs très plaisant de pouvoir finir l'Alpe d'Huez presque au sprint.
L'arrivée en elle même est en revanche plutôt moyenne au niveau "grandiosité", puisque du côté gauche se trouvent de gros immeubles, pas franchement dans le style chalets savoyards et sur sa droite on a à proximité un sommet très pierreux et dénué de végétation. Il parait cependant qu'en continuant dans les sentiers au bout de la station, on arrive à avoir un panorama avec une vue splendide sur les différents sommets et les vallées du coin. Après tous ces efforts, arrive le réconfort ou plutôt la récompense, à savoir, la descente des 21 virages ! Et là c'est vraiment génial et on peut se faire plaisir à la condition qu'il n'y ait pas trop de voitures dans la descente. Certains conducteurs sont sans doute impressionnés par cette succession de lacets et ne dépassent pas les 60 km/h entre deux virages. Je ne dois pas être le seul cycliste à avoir doublé des voitures de touristes dans la descente. On prend un peu de risques en zig-zagant entre les voitures et même en en doublant certaines, mais c'est sensations garanties !
C'est la récompense pour s'être fait suer à monter 13 kilomètres mythiques à 8 % !!
Conclusion :
J'ai effectué la montée en un peu moins d' 1 heure 10 - soit une demie heure de plus que Pantani ! (mais il devait bien peser 30 ou 40 kilos de moins que moi), pour effectuer l'ascension. Ceci dit, il ne s'agissait pas pour moi de faire un chrono mais plutôt d'essayer d'arriver jusqu'en haut et sans me faire trop doubler. Ca a été chose faite car je ne me suis fais doubler que par deux cyclistes, dont un que j'ai rattrapé avant l'arrivée. Pour ce qui est de la difficulté, c'est vrai que j'ai commencé à avoir mal aux jambes à partir du 10ème kilomètre de montée, mais c'était loin d'être insurmontable contrairement à ce dont je m'attendais.
En fait, c'est en grimpant d'autres cols de la région dans les semaines qui on suivies, que je me suis rendu compte que j'avais plus de difficultés à grimper ces cols là (Croix de Fer) que l'Alpe d'Huez. Ce qui rend difficile et mythique cette montée, c'est qu'il s'agit d'une arrivée d'étape et que par conséquent les pros eux grimpent très très vite. On voit assez chaque année lors du Tour de France, les favoris se neutraliser dans des cols pourtant redoutables et attendre LE dernier col pour enfin faire la course à fond la caisse. Donc bien entendu tout dépend du rythme de montée et le rythme de touriste que j'avais moi m'a fait dire par la suite que ça n'était pas la montée la plus difficile que j'ai effectuer. Si j'avais voulu faire un chrono et descendre par exemple en dessous d'une heure, là mon jugement aurait été différent.
Á VENIR TRÈS BIENTÔT !!!
Á VENIR TRÈS BIENTÔT !!!



